Remontée de l’Esteron

Remonter l’Esteron ?

Esteron depuis le Mont Lion à l'ouest de Gilette

Esteron depuis le Mont Lion à l’ouest de Gilette

 

https://parapente.ffvl.fr/cfd/liste/2017/vol/20231221

Les interrogations naissent naturellement lorsque l’on aime voler et que l’on a les pieds solidement posés dans cette belle vallée de l’Esteron. Du bas, la vue est, plus qu’ailleurs, fragmentaire. Cette brise forte et tortueuse, ces fours rocailleux, cette rivière d’une couleur verdonnesque… il y a aussi ces énormes remparts au Sud et au Nord qui nous isolent. Il faudrait pouvoir prendre de l’altitude.

Cela fait quelques années que je trace a l’occasion des lignes transverses, pour satisfaire cette curiososité, mais l’entreprise grandiose de partir de Gilette pour sortir à l’Harpille, ligne évidente et majestueuse à mon sens, est restée longtemps un rêve inavoué.

Oui je sais c’est fou, peut-être même hautain, mais à la question de ce qui me ferait le plus envie entre un posé à Chamonix et ces 30 petits kilomètres ma réponse est sans hésitation : Esteron !!!

Par trois fois l’année dernière j’ai échoué au départ de Nice.

2 échecs dans la « marche d’approche » (raccrocher Gilette) que j’ai pourtant faite a maintes reprises, comme si le fait de se décider explicitement pour ce parcours m’avait rendu inefficace. Un des ces 2 échecs fût ponctué de rage par une fuite en avant assez sanguine pour aller voir quand même. Résultat : un atterrissage déraisonnable. Je me déteste quand je m’emporte de la sorte.

J’ai pourtant persévéré et réalisé un véritable essai dans le vif du sujet  début mai 2017. Certes, j’avais conscience que c’était bien tardif comme période, mais je voyais le temps filer et le parcours m’échapper. Dans des conditions prometteuses, je suis parti du nord de Gilette pour transiter sur la première montagne (Mont Lion) qui n’a rien donné. J’ai patienté puis j’ai pris conscience que ce vol, en cette saison, revêt un caractère de course contre la montre assez déplaisant contre la brise et que la stabilité était de mise dans ce trou.

Impossible de faire machine arrière, je suis arrivé a Pierrefeu assez bas. En chemin je me suis fait littéralement dégommer (bien dégommer même) par la brise chaotique et les pétards sur-stables.

Là encore, il était difficile de patienter sachant que la situation risquait de devenir de pire en pire avec la brise qui forcissait. Las de la stabilité, sans pouvoir faire de plein, je me suis jeté sur la suite, cette énigmatique crête boisée et effilée. Arrivé bas, au moment de décréter que cette lame n’avait aucun rendement dynamique, j’ai joué la carte d’une vue de l’esprit, une hypothétique confluence, au lieu de risquer de perdre de l’altitude et de passer un mauvais moment en prospectant une cuvette… mauvais choix… perdu…

Adrenaline… je pousse au max mon glide… et je pose entre les arbustres du lit de la rivière à une heure encore correcte.

Avec le recul, j’ai eu quand même trop peur vers Pierrefeu, j’ai compris qu’il ne fallait pas jouer avec le feu et que ce n’est pas ma volonté ou ma technicité qui allait tout faire. J’aime ce genre de parcours qui tiennent en respect parcequ’il ne suffit pas d’être bon et déterminé : il faut être invité et le savoir.

2018, la bonne occasion

L’envie reprend naturellement à l’automne 2017, mais les occasions manquent.

Mi-mars 2018,  après un hiver exécrable, les conditions sont sensées être excellentes. En fait, c’est très décevant. Un flux de sud compense des plaf bas et humides au départ de Nice. Arrivé au nord de Gilette, je refuse de m’engager voyant les entrées maritimes gagner du terrain et des plafs bas. Je me suis posé, dégoûté, sans envie de faire un parcours alternatif par le mont Vial. La journée a permis de faire 100k depuis Gourdon… mais je ne suis même pas deçu.

De bonnes conditions sont annoncées pour le lundi 26 mars, Jean-Paul est dispo. Je sais qu’il ne décollera pas du Mont Chauve alors je me laisse tenter par l’autre option pour taquiner l’Esteron : TSL.

Plus d’une heure de bouchons pour sortir de Nissa-la-puta, heureusement que l’on est pas encore bien calé sur l’heure d’été. Notre avance sur le soleil compense ce coup du sort.

On arrive à TSL et on rencontre Loïc. C’est déjà tres bon. Une horde de gunnettes déboule à mach 12 de Gourdon et je m’échauffe avec une petite coucourse. Il y a un léger voile mais sinon tout semble bien.

Les guns s’agglutinent sur la finish line du Baou de la Gaude. Je n’aime pas trop la dérive du thermique travaillé avec Stéphane et Alain, je dois me positionner sur mon arrête et dérouler pour aller à Carros … bingo.

Bonne course pour le retour les gars… et que le meilleur gagne 😉

A Carros ça ne monte pas des masses. J’en profite pour manger et essayer de récupérer ma pipette et ma radio qui pendouillent.

Thermique : go pour Gilette, il y a juste ce qu’il faut pour arriver confortablement.

Pfff à Gilette cela ne monte pas beaucoup et me voila obligé d’aller sur la crête de Bonson..

Là encore c’est toujours assez stable et je ne suis pas vraiment motivé, ça sent le piège. Cela ne me tente guère de m’engager dans ces conditions. Je décide de continuer sur le Mont Vial, tant pis, cette fois je profiterai quand même de la journée.

A peine quitté Bonson je trouve un thermique bien différent, je sens l’effet bénéfique du vent meteo de NO, bien frais. Yes, c’est bon ca !

Du coup, je suis encore très bien placé pour m’engager sur mon itinéraire. Nébulosité et développements au Sud sont corrects (c’est important car c’est ni plus ni moins que l’ombre à venir sur mon parcours).

Cette tendance NO 10 kmh me pose quand même un peu question, est-ce raisonnable de se mettre ce handicap dans cet itinéraire ? Le vent d’ouest est sensible depuis le début du vol… Et bien je pense que la garantie de monter vaut bien une finesse dégradée. J’ai quand même un doute sur l’orientation que prendra la brise de vallée en remontant vers l’Harpille mais les plafs semblent solides là bas et je pourrai probablement bouriner.

Esteron, à nous deux !

Go go go ! Je suis pas mal contré pour arriver au Mont Lion, cela ne monte pas, à part une bulle que je ne tiens pas…

Je continue vers Pierrefeu… Je rumine : était-ce une bonne idée de m’engager avec du NO ? Mais ça n’avance toujours pas ! Et s’il y avait a max de vent ? Bref, je doûte et je suis également prêt pour un round de boxe qui se déclencherait sans vraiment prévenir, comme la dernière fois.

Une minute de doûte en raccrochant et finalement je monte. Je n’ai jamais rien fait de mieux que du Yoyo à cet endroit lors de mes 2 uniques passages précédents.

Je suis donc très concentré et je m’applique comme jamais pour ne pas laisser passer ma chance, c’est un point clef du vol et je le sais. Le thermique dérive quand même dans le sens de la brise jusqu’au moment de rencontrer le flux de nord. Je m’applique encore et toujours et je quand je n’arrive plus à monter je suis assez haut pour me lancer sur la fameuse crête avec espoir.

S’il y a une ascendance, je devrais la trouver.

Toujours une finesse assez merdique en transition… je chevauche la crête boisée qui remonte doucement… un bip pas trop enroulable, je continue…  J’espere trouver une ascendance avant de devoir me coller à cette pente orientée à 90 degrès du flux…

Et bam, en voilà un bien violent. Au dessus de ces pentes boisées homogènes… on se croirait en Ligurie. J’adore cet état de concentration extrême où l’on fait tout pour rester dans le noyau sans trop subir, ou la gestuelle trouve un rythme.. et où le sol s’éloigne vite.

Quelques centaines de mètres d’altitude en plus et en quelques secondes je passe à d’autres soucis, plus lointains.

Je prends tout ce qui traine et je vais retrouver le terrain connu de Roquesteron et Sigale. Le premier crux est passé et je vais pouvoir me donner les moyens d’aborder le prochain, raccrocher Aiglun, comme il faut. Je profite de ce paysage magnifique.

Roquesteron

Le scénario piégeux par excellence : tu arrives sur une crête tu la chevauches et la parcoures sans trouver d’ascendance… et tu arrives bas a la fin. Apres un peu de prospection je serais presque tenté de continuer vers les faibles pentes hyperminerales SE apres le Riolan. Mais je me suis deja rendu là bas en venant d’Aiglun sans rencontrer un seul mouvement à cabrer.

Je reste donc patient et precis pour finalement sortir par le haut. le thermique deboite un peu mais la sortie est par le haut. Encore une fois il manque du plaf pour voir les choses avec un recul confortable, mais j’arrive a me positionner sur l’arrête d’Aiglun avec 50m de marge. Comme prévu, les faibles pentes etaient stables et difficilement exploitables, j’ai bien fait de m’appliquer.

Aiglun

Et boom ca monte superbement.. le thermique est propre. La vue a changé mais elle est toujours grandiose. La clue d’aiglun est impressionnante.

J’enroule le thermique le plus facile du vol dans un cadre majestueux…  mais je suis un peu triste. Au fond je sais que c’est bientôt fini.

En effet, je vais pouvoir traverser la riviere et les plafs semblent génereux en face. Mon inquietude venait aussi des developpements sur les cretes de Greo et de Bleine et de l’ombre qu’ils font dans la vallée, mais il y a un peu de marge. Les pentes sont encore au Soleil.

Ma vitesse tombe mais j’arrive à enrouler vers le Mas. L’altitude devient sympa, je poursuis et j’arrive a a l’Arpille sous des nuages généreux. C’est gagné.

Le ciel est bien sympa mais je décide de rentrer au plus vite, libéré et fier de mon coup. Arrivé à Gourdon sans un virage, je déroule tranquillement et je me pose sur une planche au dessus du déco de TSL, comblé.

Quels magnifiques souvenirs.

Roquebrune – Gourdon – Roquebrune

Roquebrune Gourdon Roquebrune, itinéraire direct par le sud.

http://parapente.ffvl.fr/cfd/liste/2014/vol/20175528

C’est la ligne magique de la Côte d’Azur, elle stimule mon enthousiasme depuis mal de temps.

Rien à mes yeux ne semblait plus héroïque, esthétique et élégant que d’évoluer entre les 2 sites phares du département sur une trajectoire directe. Il s’agissait de naviguer successivement au dessus de quelques-uns des plus beaux belvédères révélant la beauté de notre Côte d’Azur. Il était très important à mes yeux de ne pas se laisser aller à la facilité et de ne surtout pas dénaturer l’itinéraire en passant par les montagnes.

J’aurais pu attendre que ça se fasse tout seul. Compter simplement sur l’opportunisme. Profiter de la journée fumantissime et stratosphérique qui m’aurait placé gratuitement au dessus des difficultés. Vous savez, ce genre de journées magiques auxquelles rien ne résiste. Tout est possible, tout est facile. Il y en a 2 ou 3 par an, celles qui nous font tous aimer le ciel, celles qui nous récompensent tous.

Mais j’en avais trop envie. Alors j’ai commencé à croquer des morceaux. Voler au dessus de Nice, traverser le Var, le traverser puis revenir, le descendre. Chaque vol avait du sens, il tenait avec sa propre logique. A chaque fois, c’était si bon, une énorme satisfaction me nourrissait. Derrière tout cela, évidemment, il y avait le combat qui m’attendrait un jour pour obtenir le Graal.

J’avais suffisamment d’armes en mains pour livrer bataille. Seule la section finale Mont-Chauve – Mont-Agel me manquait. Le début de l’automne allait probablement être une période propice, j’étais prêt et ne pensais plus trop à tout cela. Au pire, la fin d’hiver allait certainement offrir des possibilités.

Au mois de Juillet, j’ai bousculé mes à priori en me fiant à des prévisions annonçant du fumant sur la côte. Instable même très bas, comme en hiver, je pensais cela rarissime, voire impossible en été. Il m’était déjà arrivé de voler remarquablement bien en été sur la côte, mais de là à penser que toute la côte – à l’Est comme à l’Ouest – pouvait être en conditions sur une journée entière, il y avait une barrière psychologique à franchir.

En juillet donc, je me rends au décollage des Cabanelles sur les faces Est du Mont-Agel (décoller de Roquebrune étant interdit en cette saison). A 9 heures c’était déjà fumant ! Parti de Peille bas et trouvant un improbable relai, j’ai eu de la chance d’atteindre le Mont Macaron et d’en ressortir. Ensuite les conditions avaient été très bonnes !!!

C’est la première fois que je livrais vraiment bataille et j’ai échoué bêtement sur la traversée du Var au retour. Les plafs y étaient et j’ai très stupidement joué au poker alors j’avais des heures devant moi !!! Les altitudes faussées de mon GPS ? La légère tendance Est ? La peur de réussir ? L’envie d’y retourner ? Un simple manque de motivation ? Peu importe, cela m’avait appris beaucoup sur mes faiblesses et m’avais rassuré sur le timing initial et sur la descente du Var et de sa brise en plein été. J’avais bousculé pas mal de mes idées préconçues et cela ouvrait des possibilités.

Au début du mois d’Août je snobe une autre journée propice pour aller faire (ou plutôt tenter) du circuit à Bleine. Après 3 semaines de vacances sans voler, j’étais en manque, je voulais me goinfrer de kilomètres et de thermiques comme un gros cochon. C’était surtout la peur d’échouer. Peu importe, j’étais désormais rassasié et on n’allait plus me reprendre à déserter une journée propice pour de l’itinéraire branlette. J’avais désormais toutes les cartes en mains et finalement, je m’étais fait à l’idée de réaliser ce vol en été. Il s’agissait davantage d’un combat contre soi-même que d’une course contre la montre lors d’une journée plus courte dans des conditions plus faciles. Rajouter l’anachronisme à l’exigence du parcours, à son originalité et à sa distance ridicule, voilà qui me rapprochait encore plus de l’Aventure et m’éloignait avec plaisir de l’insipide triptyque km points validité du sport fédéral.

Donc nous voilà le 20 aout. Chose assez rare, je ne suis pas très bien psychologiquement, je suis loin d’avoir uniquement du parapente en tête. En fait, cet itinéraire est le cadet de mes préoccupations. Je souhaite aller voler tranquillement à Sospel, me changer paisiblement les idées 1 heure ou 2 et maîtriser mon timing. Finalement, l’enthousiasme de Cyril Lopes Da Conceicao et sa disponibilité déclenchent le choix du site : les Cabanelles. L’envie terrible d’en découdre n’est absolument pas le moteur aujourd’hui. Mais on ne sait jamais. Mais je sais que comme toujours, une fois en l’air, cela va venir naturellement si les conditions sont là. Et elles sont sensées être au rendez-vous.

Je me force à être doublement vigilant car le facteur de risque « état psychologique » est rouge, un peu.

Il est 9 heures et c’est déjà très bon, nous nous préparons lentement pour temporiser et ne pas céder aux chants de sirènes.

Le timing initial semble crucial.

On décolle en face Est de 1000, on doit plafer vers 1500 au antennes de Peille pour une longue glissade et arriver vers 700 sur une montagnette immonde (Mont Macaron) qui est l’antithèse même de la montagne propice au parapente. On doit pouvoir y faire 1300. Ensuite on doit faire plus de 1300 devant le Mont-Chauve, une espèce de pyramide aux déclenchements cycliques, et entamer une longue traversée de Var vers une cuvette au dessus de Carros. On reprend ensuite en dynamique et on descend la vallée du Var face à une brise qui monte en puissance et dont le débit permet d’alimenter à elle seule une bonne partie du massif. Ensuite on peut se relacher.

Après un décollage toujours un peu pénible dans les touffes de thym et les rochers, la partie d’échecs commence donc. il est 9h40. J’oublie de setter la bonne altitude et mon GPS en profite pour me tendre le même piège que la dernière fois.

Au plaf, nous nous communiquons nos altitudes avec Cyril et j’en déduis que mes 1620 sont plutôt 1450. Je n’arrive pas à corriger l’altitude de mon GPS, le calcul mental devra faire partie de chaque consultation.

Tout se passe bien sur le glide, j’arrive néanmoins ric-rac au dessus des lignes sur le Mont-Macaron. Cyril avec son matériel moins performant s’en sort de justesse et ratissant en basse couche dans la cuvette sous les lignes. Quel pilote ! Et que dire de cette masse d’air qui tient ses promesses !

Je monte doucement et laborieusement, puis cela devient plus facile. La trajectoire vers l’Abadie donne thermiques sur thermiques, je fais tranquillement mes emplettes. Cela ne peut être que mieux pour la suite. Je vois Cyril monter également, en se faisant un peu décaler dans le flux de la brise, c’est quand même bon signe.

Arrivé haut au Mont Chauve, j’arrive à trouver directement un thermique bien constitué et cela me satisfait de m’être bien appliqué à monter avant. Cyril est bien haut, très à l’Est du Macaron.

10h40, 1270m Transition vers Carros, je me vois arriver haut comme jamais. Mais la brise qui devait me pousser n’est pas là. J’arrive largement au dessus de l’espèce d’Abbaye, mais j’ai l’horrible surprise de constater que je ne peux pas compter sur du dynamique. Je dois m’employer avec les déclenchements thermiques ci et là pour remonter. Plus je me rapproche des crêtes sommitales et meilleur est le rendement. Yes c’est bon. Maintenant je vais pouvoir descendre le Var aussi facilement que possible. Il y a déjà 15-20 kmh de brise, autant dire que j’ai vaincu bien pire ici.

J’ai du mal a communiquer avec Cyril car la batterie de ma radio est sur la fin et j’émets par tranches d’une seconde. J’essaie de lui indiquer où taper sur Carros, je le vois haut sur le Mont-Chauve puis je le perds définitivement.

11h10 J’arrive au Baou de la Gaude et je dois désormais lutter contre une tendance Ouest qui pourrait rendre la suite un peu compliquée. Heureusement, la masse d’air est bonne et les plafs généreux me permettent d’arriver à Gourdon somme toute assez facilement. L’Ouest se rappelle à moi et je dois m’y reprendre pour arriver vers la boule vers 12h25.

Le ciel est maintenant en passe de se voiler par l’ouest. Je pousse quand même jusqu’à la colle du Maçon pour voir les dégats de l’incendie de cet été.

12h35 J’attaque le retour. Le voile nuageux va indiscutablement être un problème. Je m’applique à rester haut et je fais un bon plein, plus de 1500m, au Puy de Tourettes. L’accès au Baou de la Gaude est donc acquis. Je pense qu’il n’y a pas meilleur lieu pour encaisser les coups face au voile nuageux.

C’est au Baou de la Gaude où reprend la partie d’échecs. Ma stratégie est simple : il est 13h20, le soleil se couche vers 21h : je ne partirai qu’avec ce qu’il faut pour traverser le Var. Cela prendra 1,2,3,4 heures ou davantage mais je ne céderai pas.

Au bout de presque 40 minutes à enrouler des trucs prometteurs ou simplement temporiser au grès du voile nuageux, les rayons du soleil reviennent durablement. Je change de thermique. Un rapace m’aide à noyauter, nous allons pouvoir finir à une belle altitude. Puis assez subitement, le rapace part, ça ne monte plus. Je suis un petit peu sous le seuil que je m’étais fixé, mais j’ai compris que tous les paramètres étant enfin au vert depuis un petit moment maintenant, il n’y aura certainement pas mieux. 1350m, positionné un peu en vallée, avec une tendance Ouest, c’est quand même jouable. il est 14h20 quand je commence à transiter.

Effectivement, l’Ouest me facilite un peu des choses et j’arrive à bricoler deux tours dans une bulle décallant de manière immonde à Colomars avant d’arriver sur la face ouest de la crête du Mont-Chauve.

J’arrive évidemment limite. Je suis au niveau de la petite bosse que j’avais repérée d’abord en remontant sous le cagnard après un vachage, puis validée ensuite dans un autre vol. Elle joue encore une fois son rôle.

La brise est très forte, il faut se positionner très précisemment, mais ça marche !!! Une petite erreur sur une trajectoire en enroulant et une longue dégueulante en remontant la brise me rappelle que je marche sur des oeufs. Je reprends tout à 0, et en sortant le grand jeu, je sors. C’est une énorme satisfaction, il est un peu moins de 13h et le crux est passé !

Je me repose ensuite 15 minutes en me relachant un peu. Il faut tenir la Mantra car ça pilonne sec, comme un après-midi d’été, mais pour un petit moment je ne pense plus à la partie d’échecs. Me contenter de piloter me fait un bien fou. Cette petite parenthèse me permet de profiter pleinement de cette vue magnifique, en observant Nice, le boulevard Jean Médecin, les bateaux, les avions qui atterrissent… c’est quand même énorme de voler là !

Je vais attaquer la section qui me manquait. Je n’avais jamais vraiment réfléchi à la problématique et j’avais jusqu’alors dénié les difficultés par un simple « bah une fois au Mont Chauve ça doit rentrer facilement avec les brises »… Mouais…. quand je commence à me pencher sur le problème, le challenge prend toute sa dimension. Un sacré challenge.

Ca ne monte guère, tout est bleu, il fait chaud, la brise est forte et les nuages des faces Ouest de Peille me narguent. Après des prospections loin au sud, des tentatives de plafer ci et là, je me dirige au dessus du site de modèlisme. Ma vitesse me semble assez bonne face au sud et je pense passer facilement sur les antennes au dessus de L’Abadie pour y tenter la chance. Cela devrait monter ici. Je me remémore le trajet des lignes HT qui se réunissent en bas pour alimenter Monaco et Menton. C’est quand même chaud en dessous et ça ne pardonnera pas trop l’improvisation, il ne faudrait pas l’oublier.

15h10, j’arrive à 750m soit quelques mètres au dessus des antennes de l’Abadie, tout va très vite. Je fais un tour pour conclure que je ne devrais pas surtout pas en faire un second ! Je me rabats immédiatement tant que c’est encore possible vers le Macaron, sous peine de me faire enfermer dans une horrible descente infernale au vent de cette pente faiblarde truffée de lignes de toutes tailles et de maisons.

Bricolage appliqué, pétards qui décalent, je réussis à me hisser à hauteur de sommet sur cette saloperie de Mont-Macaron. Il ne tient aucune des promesses faîtes à l’aller. Au début, au moins les pétard toniques se succèdent et rester 50 m au dessus est simple. A défaut de monter bien haut, c’est déjà ça.

J’arrive vite à faire un minable 1050, puis après un tour par terre un 1100 depuis lequel je me lance. Je me ravise assez vite car ma trajectoire initiale dégueule sévèrement.

Je refais ensuite, de mémoire, 2 plafs un peu moins bons, mais qui permettent éventuellement de poursuivre vers le Nord pour espérer rejoindre le Férion et les magnifiques nuages des montagnes au Nord depuis lesquelles d’une manière ou d’une autre, je réussirai probablement à rejoindre le déco). Mais il n’est pas question de céder à la facilité ! On reste devant ! Après tout ce que j’ai fait aujourd’hui, ce n’est pas le moment de faiblir. Je trouve cela plus honorable de glisser jusqu’au stade de Peille, ou même d’accepter la défaite dans la vallée du Paillon, que m’en sortir en dénaturant la fin comme une raclure. Trahir l’esprit du vol n’est pas possible.

Je dois à un moment gérer le timing pour absorber 1 long épisode de voile d’altitude, puis le soleil revient. et ensuite l’aérologie s’avère… pire qu’avant. Je remonte diffcilement à l’altitude du sommet. Le temps passe, le soleil tourne. Ces basses couches sont si stables. M’enfermer sur les face Nord-Ouest me parait être le piège parfait. Je m’y refuse.

Finalement, je décide d’explorer, avant d’y être contraint le thermique de l’étage inférieur, au dessus des lignes. J’y crois peu avec la brise forte. Finalement, c’est une bonne minasse qui m’accueille et je m’y accroche comme un doberman.

16h30, après 1h15 de Macaron, je pars de 885m dans le flux de la brise en ayant décalé du mieux que je pouvais le thermique.

Mes chances sont minces de pouvoir basculer sur la vallée de Peille pour me glisser au stade; Je n’espère pas davantage. Ce serait déjà bien mais c’est loin d’être gagné !

Je suis tellement bas que j’ai absolument besoin de tout mon sang-froid pour arbitrer entre mon énergie à ne rien lâcher et ma sécurité, qui doit rester la priorité, tout va aller très vite. Les pensées se succèdent.

Blausasc : arrivée bas, remontée en dynamique pour poursuivre le vol, réussite très incertaine, branchage si échec : option à décliner

Passer dans la vallée de Peille : possible, si la brise y est forte il y aurait une chance mincissime de taper le relief avant d’aller au stade. Je prends

Une belle ligne électrique traverse pile où il serait convenable de passer pour optimiser ma trajectoire vers Peille, c’est trop risqué. Je dois donc traverser en aval au niveau de la carrière, quitte à me voir enfermer par la ligne une fois dans la vallée et de devoir poser à la carrière.

Cela portouille sur la petit crête qui y va, mais je connais ce genre de sons piégeux où un tour de coûte 5 mètres. Ca va passer, ca va passer. Je prie pour ne pas me retrouver dégueulé ou contré au dernier moment, il faudrait passer ric rac et poser immédiatement ou faire demi-tour pour probablement se brancher avec calme.

En théorie ça passe.

Au feeling ça passe.

Mon expérience la plus primitive me dit que ça peut aussi bloquer au dernier moment.

Ca passe. Je passe. Pas le temps de se réjouir, next décision. Réponse immédiate obligatoire.

Enfermé par la ligne ou pas ? Posé en vallée devant possible ou pas ? Oui ou non ? Posé carrière ? Fuite en vallée ?

A peine ai-je mobilisé ce petit arbre de décision dans mon esprit que mon vario se met à biper. Mon réflèxe est de faire un quart de tour seulement et de laisser biper en remontant au vent. Au cas où ce ne serait qu’un petit petard merdeux ou une turbulence, je veux rester maitre de ma trajectoire et ne pas faire une demi tour dans du dégueulit bien mou.

Immédiatement, mon corps se sent envahit d’une sensation de chaleur intense. Cette carrière déventée sur une crête est un putain de four solaire comme j’en ai jamais vu. Je ressens la chaleur dans ma chair comme si je m’étais assis dans une voiture restée toutes la journée sous un soleil d’été.

Peu importe la stabilité qui a gagné les basses couches depuis longtemps, je suis au dessus d’un convecteur tellement puissant, homogène et large que tout mon stress disparait instantanément.

Mon stress de pouvoir passer la ligne qui m’enferme peut-être disparait. Puis mon doûte d’atteindre le stade. Puis mon doûte d’avoir ma chance en dynamique. Puis mon doûte de raccrocher les faces ouest. Puis mon doûte de reposer en haut.

Plus de doûte en vue, je décompresse tranquillement. Quel finish ! Toutes les émotions se sont enchainées si vite depuis que je suis parti du Macaron qu’il me faut un petit moment pour réaliser que j’ai réussi mon vol. De gros cris sortent ! Evacuer la tension, exprimer la satisfaction.

Puis le calme revient et je fais quelques photos.

Je profite encore un peu du vol, c’est magnifique de voir au loin la boule de Gourdon, minuscule.

Je me reconcentre pour me poser en douceur en haut. Seul sur ces montagnes, à remettre mon aeronef dans son sac, un bel instant. L’aventure est terminée.

Cyril m’apprend qu’il s’est posé après avoir rejoint Carros au bon endroit sans arriver à descendre le Var. C’est qu’il a fait une belle petite section bien intense et qu’il a profité de la magnifique vue du Mont Chauve ! Bien joué.

Voilà, allons voir ailleurs.

Gourdon-Falicon AR

Depuis 2 ans, voler à proximité de Nice était devenu une idée fixe. J’avais atteint le graal début 2015, le 20 janvier. A la faveur d’un thermique au Mont Macaron (ce qui en soir est un miracle), il m’avait été offert un Roquebrune – Gourdon – St Vallier. Il n’y a donc aucun répis dans la saison de parapente. Le Mont Vial avait été un peu en deça de mes attentes côté thermique, mais cotés jubilation, sentiment d’achèvement, vue de rêve, il s’était montré à la hauteur !!!

Le passage du Var dans le sens inverse par le Sud me semblait un beau défi. J’avais attendu quelques jours auparavant un ticket au Baou de la Gaude pendant une heure, pour finalement partir relativement bas et échouer en bas de la face Ouest dans la stabilité malgré le vent d’ouest propice. Au moins, j’avais pu prendre mes repères pour la transition et j’avais pu noter une petite zone propice au raccrochage.

Sur ce vol victorieux du 6 mars, une journée parfaite, j’ai pu partir de plus haut, mais sans être aidé par le vent. Continuer plus à l’EST avait l’air un peu foireux, aussi je suis rentré par Carros. Un petit point est fait aussi à Gréo, pour le plaisir.

la trace : http://parapente.ffvl.fr/cfd/liste/2014/vol/20157510

Roquebrune – St-Vallier-de-Thiey

http://parapente.ffvl.fr/cfd/liste/2014/vol/20156828

God Bless the Macaroni

Depuis plusieurs années, j’ai nourri peu à peu le rêve de relier Roquebrune à Gourdon.
Ce rêve, arrivé à maturité,  prenait la forme d’une trajectoire assez directe par le Sud. Je souhaitais réaliser ce parcours avec la manière, sans faire de détour par le Nord pour éviter les difficultés.

Le problème principal sur cet itinéraire est la zone allant de Blausasc à la plaine du Var.

Le Mont Macaron tout d’abord. C’est un site FFVL (!) que je connais un petit peu, j’y suis allé 5-6 fois. Malgré l’entrain initial de la mairie de Cantaron et du club Roquebrun’ailes, ce site n’a jamais eu le moindre succès. La légende voulait que certains pilotes y avaient déjà fait de jolis vols, mais en les questionnant, il s’avérait qu’il n’en était rien.

Accès compliqué, déco horrible, lignes HT mais surtout, un rendement minable ! Pentes faibles, sol sableux, forme bizarre… le pauvre Macaron n’a rien pour lui.
J’y suis allé par diverses conditions, traquant le thermique, traquant le dynamique par vents forts… Je me rappelle surtout d’un jour sur-fumant où les cums poussaient sur chaque montagne sauf au dessus de moi…

Pour en finir avec le contexte, en décembre 2014, à la faveur d’une journée sans grand potentiel à cause d’étalements rapides et épais, j’ai glidé contre le vent d’ouest en partant du Golf de Laï Bareï à 1500. J’ai pu remonter de très bas en dynamique à la faveur d’une pente peu pentue bien orientée et, une fois parvenu au sommet, j’ai grillé les 5 minutes qui restaient de soleil à chercher un thermique: rien de rien, comme d’hab 🙁

Le Mont-Chauve. En cas de succès au Macaron, il semble plus propice. De mémoire, Luc y avait décollé en Ultradaube, se rééducant à la suite de son premier crash. Cherchant à chaque fois à se poser le plus près possible de Nice, il flirtait avec les 2 THT alimentant Monaco et se posait dans un champ compliqué en pente à Gairaut. Je n’avais pas d’infos sur le potentiel thermique, mais pour être allé m’y ballader, cela me semblait pas mal. De la pente arride, des fours…

Le problème est qu’il est cerné de 2 grosses lignes HT. Bonne nouvelle, une fois raccroché, au sud il n’y a pas trop de soucis pour se poser… à priori, si on étudie le truc sérieusement. Une ligne bien vicieuse disqualifie quand même 75 % de la zone la plus propice quand même 😉

Du sommet du Mont Chauve, il faut pouvoir transiter vers la Gaude ou plus vraisemblablement Carros, en fonction du plaf. C’est loin d’être une formalité d’après mes calculs. Il est toutefois facile de s’échapper dans la vallée du Var depuis le sommet et moins haut.

Le 19 janvier 2015

Donc nous voici le 19 janvier 2015, les prévisions sont assez mitigées pour le 20 avec un voile d’altitude dès le matin et un front arrivant dans la foulée. Il y a aussi du vent d’Est, peut-être trop. Ce qui me fait tenter, c’est surtout l’emmagramme qui annonce une très bonne instabilité, même dans les couches les plus basses. Je me fais une petite feuille de route et charge la gopro et l’appareil photo.  Autre indice, en ce moment c’est souvent un peu mieux en vrai que ce qui est prévu.

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Le 20 janvier 2015

Premier coup d’oeil vers 8h30 vers le ciel : et bah c’est vite vu 🙁 Tout est baché, pas de parapente.

J’habite en ville mais Nico et Gilles confirment aussi. Finalement vers 9h30 on aperçoit un peu de bleu, rdv 10h30 Turbie. En prenant la voiture je m’aperçois qu’il a copieusement plu pendant la nuit.

On décolle vers ???? h avec Nico, sous les yeux de Gilles et Pierre, quelques secondes après qu’un voile masque très durablement le soleil. C’est la lutte, on bataille. Je donne tout ce que je peux pour cirer les faces Est avec Nico, et finalement j’arrive à me hisser suffisamment pour survoler les falaises du cirque qui sont encore au soleil. Cela me permet d’arriver à la cabane où tout le secteur est au soleil. Je vois Pierre Gilles et Nico lutter au Mont-Gros dans l’ombre et je m’estime bien bien veinard au soleil.

Malheureusement ça ne monte pas bien haut. Je prends mon temps, devant faire face à des périodes d’ombre sur mon superbe appui dynamique. Pour passer le temps, j’essaie de filmer mais je n’entends aucun bip. Tant pis pour la videos.

Finalement je décide de décaler – car les rares bons thermiques décalent – et je me retouve, 30 min après être arrivé ici, à enrouler entre les 2 énormes antennes et leurs haubans. J’ai vraiment peu d’altitude mais j’ai tellement décalé que je dois tenir bon et tenter le coup.

Très peu de temps après avoir perdu l’ascendance, à peine lancé dans une transition éperdue vers le Macaron, je trouve de bons trucs provenant des faces ouest sous le vent. Ca monte de manière très turbulente mais j’arrive à tenir l’aile et à rester dans les ascendances : YESSSSSSSSSS Je prends mon temps, gratte tout ce que je peux et finalement j’arrive sur le Mont Macaron au dessus de la ligne THT.

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La peur m’envahit, j’arrive sur ce site en Outsider. La loose est là qui me regarde. Je choisis de dépenser mes quelques dizaines de mètres de sursis à m’acharner au dessus de la plus grande zone calcaire plutôt que me rendre sur la bosse la plus sexy : yes ça bipe !

Je suis concentré à 200% pour tenir le truc sous les yeux des randonneurs. Yesss !!!

Finalement je suis maintenant à des hauteurs propices pour continuer. Bye bye Macaroni !

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Ma joie est de courte durée car je prends une trajectoire assez merdique et je me vois même finir bloqué. Moi qui rêvait, avec ce gaz rarissime et chèrement acquis, d’arriver directement en haut, je dois passer par devant.

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J’arrive 50m au dessus de la ligne THT . Si je ne trouve pas de gros thermique d’emblée, je suis quand même soulagé et super optimiste. Les pentes sont raides et arrides, le vario bipote régulièrement. J’ai passé le Macaron, s’extraire du Chauve ne sera qu’une formalité.

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Effectivement je me hisse sans peine au sommet, je profite du paysage tout en étudiant la situation. Un bon pierrier et un four calcaire 100m plus bas devraient donner : yesss ça dépote… mais c’est des trucs si turbulents. Ils décallent trop fort, tantôt en SE, tantôt en SO. C’est également très cyclique avec de longs coups de mou. Bref, de quoi tester le moral.

Je perds la bulle 1 fois, 2 fois, 3 fois… le doûte commence prendre sa place et je dois remettre mes choix en questions : il faut aller voir devant sur ces magnifiques faces ouest. D’ailleurs un cum commence à se former assez haut. Difficile de dire d’ou il vient avec les SU et l’Est en haut. Seule certitude, c’est plus au sud qu’où je me trouve. Trop au sud certainement.

Je fais une petite incursion au Sud-Ouest  en petit joueur. Je commence à me replier pour en refaire une plus ambitieuse en partant avec plus de gaz… et là : Thermique !!!

Plus sain, plus large… ce n’est définitivement pas celui du cum que j’ai vu,  mais ça s’enroule. Je commence à bien décaller et quand je me retrouve sans plus rien,loin des 1500m escomptés. Hésitation entre les falaises plus au nord à Aspremont et la poursuite immédiate de l’aventure. Finalement, je me lance vers Carros.

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C’est vraiment limite, mais je ne désespère pas de trouver des petits relais en survolant cette vallée somme toute assez minérale. Routes, galets, immeubles, hangars !!! C’est instable depuis le sol dixit meteoblue !!! Si le Macaron donne, tout donne !

Le miracle du mec qui y croit se produit en prenant quelques thermiques made in Carros City. Merci !!! Ce n’est qu’un surcis, car je perds les bips et je vais quand même arriver bien bas sur les reliefs.

Encore à 50 m près, j’arrive à survoler une espèce d’abbaye massive. Quelqu’un à eu la bonne idée de la construire de pierres bien claires. Ce quelqu’un à eu aussi la bonne idée de réaliser l’enceinte et les sols avec la même matière, de choisir une belle exposition ensoleillée, de mettre peu d’arbres – qui en plus perdent leur feuilles en hiver – et de situer le tout en contrebas d’une petite falaise pour bien redresser, canaliser et amplifier l’ascendance: du travail d’orfèvre !

A partir de ce moment ça va remonter assez laborieusement mais surement. J’enroule avec un oiseau et je vois une aile sur la Gaude ! Bruno ?

Je m’applique pour pouvoir avancer au sud et je rejoins d’aile, une Ozone verte et rouge qui monte facilement. La suite est peu rejouissante, tout est à l’ombre depuis un moment de Saint-Jeannet à Gourdon. Ca sent encore la lutte.

Mais j’arrive à faire plus de 1450au Baou de la Gaude, je m’imagine même à un moment poussé par le vent juqu’à Vallette… mais non.

Ca ne glide pas bien, ça ne bipe plus. Juste en traversant vers le puy de Tourette, les roches du fond de vallon me donnent un thermique reconfortant, super compliqué à tenir mais je ne vais pas me laisser intimider.

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Yess je vais arriver presqu’à hauteur du puy de Tourette… et ca remonte. Finalement je peux passer par le haut et je trouve régulièrement de quoi monter.

J’enroule au dessus de la cracasse d’avion avant d’arriver à Courmettes, enfin je me détends et je crie des gros Yesssss Yesssss Yessss Yesssss ! Vraiment trop heureux !!! Ca c’est du vol mérité !!!

Finalement toujours euphorique, épanoui, accompli, je réussis à faire un bon plein à Courmettes et je continue….

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Jusqu’à Cavillore « histoire de », sans aucune pression, juste pour le plaisir.

Puis la Boule.10945774_10152799664634900_4190258901990466880_o

Puis Grasse.

Puis Saint-Vallier (qui ne s’est pas laissé atteindre facilement).10842332_10152799665004900_8459131193661515286_o

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Deux grands mercis à JV qui m’a accueilli chaleureusement et à Bruno qui est venu me chercher !

Sans oublier Pierre Gilles et Nico, ainsi que tous les autres copains.